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Inondations en Thaïlande, identifier les vrais enjeux et engager les solutions durables

« C’est la jambe qui pique mais on se gratte la tête ! », explique un sage Thaïlandais, et il est vrai que cette phrase est assez d’actualité, que soit en Thaïlande ou ailleurs, dans l’analyse que l’on fait des crises environnementales et sociales auxquelles nous sommes confrontés et les solutions que nous entendons apporter.

En Thaïlande, face aux inondations sans précédent, le gouvernement a mis en place un plan d’urgence, une immense barrière de sacs de sables pour protéger le centre de la capitale, la distribution de vivres aux populations touchées, privées dans certains cas de leurs logements pendant plus d’un mois entier. C’est utile et nécessaire pour faire face à l’urgence. Mais il y eu très peu d’analyses sur les causes profondes et réelles de ces inondations. Les dérèglements climatiques (sécheresses prolongées et pluies diluviennes) de plus en plus fréquents, la déforestation massive du pays pour produire du riz de manière intensive, la destruction d’écosystèmes et la déviation de rivières pour développer des systèmes de digues, ces éléments sont peu remis en cause pour répondre plus durablement à la crise actuelle.

Hors, si les précipitations ont été si violentes, en particulier dans les régions les plus déforestées, c’est que le cycle de l’eau est perturbé. Si l’écoulement de l’eau a été si rapide, en particulier dans les plaines rizicoles, c’est parce que plus aucun arbre ne peut drainer et capter l’eau de pluie. Enfin, les digues qui n’ont pas résisté ou dont les vannes ont du être ouvertes pour éviter une catastrophe sont la conséquence directe d’un aménagement du territoire hasardeux.

Mon propos n’est pas d’accabler le gouvernement Thaïlandais, mais de voir à travers cet exemple, comme nos sociétés sont déjà confrontées directement à des enjeux du Développement Durable, et comment nous continuons de répondre à ces enjeux avec des solutions court terme et déconnectées des causes profondes de ces problèmes.  Il faut s’extraire du très court terme et réintégrer nos activités économiques et humaines au sein des écosystèmes dont nous dépendons. Nous nous sommes développés en « hors sol », en dehors des contraintes liées à nos environnements. Aujourd’hui, ces déséquilibres rejaillissent et nous impactent directement, comme toute loi de la Nature qui vient corriger un déséquilibre.

Nous devons voir dans ces manifestations actuelles la nécessité de changer radicalement de modèle de développement et son rapport à l’écosystème global. Si nous ne voulons pas racheter chaque année des sacs de sable, il faut commencer par régénérer l’environnement et rééquilibrer les écosystèmes dont nos entreprises et nous-mêmes dépendons. Nous ne ferons pas cette économie, il faut s’investir dès à present dans des politiques de fond et de long terme. Elles sont bien moins coûteuses et plus prometteuses que les actions de court terme réalisées dans l’urgence. A chacun de nous de prendre conscience de la vraie nature des enjeux et d’engager des actions concrètes et de long terme. Il en va du rééquilibrage en profondeur du rapport entre l’Homme et la Nature, et donc de notre bien-être à tous.

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