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"My Pure Day", par Balthazar, en mission à la Pure Farm en Thailande

 

 

Photo par Christian Lamontagne.

 

Je m’appelle Balthazar Muller, j’ai 17 ans. Après mon bac, j’ai décidé de prendre une année de césure et de commencer mes études un an plus tard. J’avais deux idées en tête: voyager et m’engager pour l’environnement. Mon père connaissait Tristan Lecomte, j’ai pris contact avec lui et c’est comme ça que je suis parti travailler pour Pur Projet en Thaïlande! C’est une expérience incroyable, tellement que je ne peux pas la garder pour moi ; alors je la partage sur ce blog. Pour commencer je vais vous parler de ma Pure journée.

7h: Je me réveille dans la pièce à vivre de Khun Sunan, fermier que je vous présenterai mieux plus tard. Les rayons du soleil ou les bruits que fait Fouk, son fils, font office de réveil.

8h: Petit-déjeuner avec Khun Sunan, sa femme Khun Plobeu et Fouk. Ici, pas de tartines, de café ou de jus d’orange : à la place, du riz gluant et différents plats : légumes, viande, œufs, poissons… On confectionne une petite boulette de riz, que l’on trempe dans un des plats. Prêt pour une journée de travail !

8h30: Je pars travailler avec mon “prof”, Khun Sunan. Il me prend sur sa mobylette et on traverse le village. Au passage les gens sourient et nous saluent. Pour leur répondre il suffit de les imiter : joindre ses mains à la hauteur du menton et incliner légèrement la tête en disant “Sa wat di krap”. Leur sourire est comme un bâillement : hautement contagieux. C’est un moment de la journée où je suis toujours heureux sans raison particulière. 3 minutes après nous arrivons à la Pure farm. [Note: C’est une ferme construite par Pur projet pour mettre en pratique ses idées. En plantant des arbres, bien sûr; mais aussi en produisant des plantons qui seront délivrés aux autres projets, et en testant des méthodes de culture innovantes comme le SRI (System of Rice Intensification) qui permet de cultiver du riz en utilisant un minimum d’eau. La Pure farm cherche également à devenir totalement autonome, c’est-à-dire à produire tout ce dont ses habitants ont besoin pour vivre]. Une fois arrivé à la ferme, je me change : j’ai un pantalon de travail qui n’aura été propre que le premier jour, et un grand chapeau de paille. Bouteille d’eau et outils à la main, on va travailler. J’aime faire le même travail que Khun Sunan : on parle et on s’amuse bien malgré la barrière de la langue. Si je suis seul, j’écoute les oiseaux et essaie d’imiter leurs chants en sifflant ; mais au bout d’un quart d’heure ça me donne mal à la tête! Il y a beaucoup de choses à faire ici : les arbres, les plantons et les animaux ont besoin de nous ! Par exemple, trier les plantons par taille pour que chacun ait du soleil et grandisse.

12h: On déjeune, seuls ou avec sa femme si elle a amené le déjeuner à la ferme. On mange dans une petite paillote en face de la ferme. Il y a de l’ombre, des bancs, un hamac et un repas délicieux avec parfois des fruits inconnus à découvrir; bref, une pause digne de ce nom !

13h: On recommence à travailler, c’est l’heure chaude et souvent le moment le plus dur de la journée. Heureusement je suis motivé et je n’ai que ce que j’ai cherché !

17h: Place à la détente et à une douche froide bien méritée. La salle de bain de la ferme est 5 étoiles.Puis je rentre au village à pied, car Khun Sunan et moi ne quittons pas la ferme au même moment. Si j’ai respecté ces horaires j’ai droit à un coucher de soleil hors norme. En marchant je suis fier de moi. C’est ça plus que toute chose qui m’a poussé à prendre une année de césure : en agissant pour l’environnement, je me donne bonne conscience et je me rends heureux. Purement égoïste, je l’avoue ! Parfois un(e) fermier/ère rentre de son champ en mobylette et me fait signe de monter. Pas une seconde d’hésitation, j’accepte : en voyage et ici en particulier, je fais toujours confiance aux gens. Dans une situation pareille ce serait absurde d’avoir peur.

18h: De retour au village, j’ai du temps libre. Je vais au temple, joue avec Fouk et ses amis ou regarde la télé avec eux. Ils sont tous fan de cartoon !

19h: Dîner sur le parquet de la pièce à vivre. Pas besoin de le préciser à nouveau, j’adore la nourriture dans ce pays, dans cette région, dans cette maison. En plus je n’ai rien à faire : tout d’un coup je vois Khun Plobeu et avec elle le fameux plateau… Elle cuisine, met la « table » et débarasse. Encore mieux, elle a le don de deviner quand j’ai envie de boire. Elle m’amène une bouteille d’eau et un verre pile au bon moment, sachant qu’ici on mange assez épicé. Personne n’est aussi sympa qu’un Thaï, excepté sa femme !

19h30: J’écris dans mon carnet de bord, je lis un livre ou mon guide de voyage. Parfois Khun Sunan et moi improvisons une leçon de langue: il m’apprend des mots thaï et je lui apprends les mêmes mots en français et en anglais. C’est toujours très drôle car il n’arrive pas à prononcer certains sons : [ch], [f], [v], [r]… Pour dire “shoes”, il dit “sushi”. On peut passer 5 minutes à essayer de lui faire dire un mot! Souvent il me répète les mots qu’on avait vu la dernière fois et je ne les reconnais pas tous à cause de son accent. Heureusement il ne se vexe pas! J’imagine aussi à quel point je dois être ridicule quand je parle thaï. Au bout d’un moment, fatigué, j’installe ma moustiquaire et mon matelas et je m’endors.

Photo par Christian Lamontagne.

1 commentaire

  1. Debenne Julien says:

    Balthazar, ton paragraphe me fait vraiment plaisir, ce que tu postes sur ton blog est juste magique et à l’heure ou je te parle je révise à la BU pour le concours qui approche, et ça me fait vraiment plaisirs de recevoir des nouvelles de ce genre 🙂 J’ai eu des frissons quand j’ai vu ces paragraphes, sans rire, je suis vraiment content pour toi c’est un truc de fou ! Voir que tu t’intègres si facilement dans une société différente et que tout le monde t’apprécie est éblouissant ! Par contre j’ai l’impression que ça fait 1 an que je ne t’ai pas vu, ça me manque pas mal toutes les après midi a ne pas savoir quoi faire de notre peau, je t’ai même écrit un texte de rap pour toi 🙂 En tout cas moi j’aimerai savoir ton adresse ( si il y en a une 😉 ), j’aimerai tellement te rejoindre pour voir toute cette nature inconnue a nos yeux a laquelle tu t’es adaptée 🙂 C’est génial en tout cas ne change pas t’es un mec en or et tu le seras toujours 🙂 Donne de tes nouvelles dès que tu peux …

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