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Pourquoi tout détruire pour ensuite alimenter l’écosystème agricole artificiellement ?

N’est-il pas plus logique d’étudier les conditions en présence, les potentialités et de les utiliser pour maximiser l’utilisation des ressources et réduire la nécessité d’intrants ? L’écosystème de départ, qu’il s’agisse d’une forêt ou d’un autre milieu naturel intact, est optimum en terme de ressources naturelles disponibles. C’est un milieu qui, par définition, par sa simple existence, est en équilibre, adapté aux conditions locales. Pourquoi vouloir absolument le perturber ? Cela n’a pas de sens agronomique, ni même économique.

v1zlKcT_PZwGUlNaQZP16z-_KOn9ge9nD3pMryzYG5M,ZjawSRoaAV4sVZxAKkvn-3_wSWELTDtHwIthmInoOrg Certes, on ne peut pas préserver l’intégralité du milieu si l’on veut cultiver, mais de là à tout détruire, il y a un juste équilibre à trouver. Il est vrai, aussi, que ce n’est pas parce qu’un milieu est naturel qu’il est forcément équilibré. Comme tout organisme vivant, il n’est pas exempt d’imperfections, dues à divers facteurs tels que climatiques, historiques, géologiques, etc. On peut alors renforcer des éléments de cet écosystème, planter des arbres dans des zones d’érosion naturelle ou le long de cours d’eau par exemple, mais pas tout raser. Ce n’est pas logique.
POkME0Y5jo6D1Fa2L_pI_qmslBDoArL0o-15wIav8IQLes exemples de fermiers qui ne rasent pas tout et ne brûlent pas leurs terres sont heureusement multiples. Ils gardent le maximum de ressources en présence pour faciliter le développement des cultures agricoles et avoir ainsi une ferme bien plus protégée, riche et résiliente que s’ils avaient tout détruit.
Pourquoi ne sont-ils pas imités ? La réponse se trouve dans le poids des habitudes et l’influence d’une forme de pensée unique dans le domaine agricole, qui veut qu’un champ « moderne » soit nécessairement monocultural et sans arbres. Tout le monde a en référence les immenses exploitations intensives américaines, australiennes ou même la Beauce en France. De part et d’autre de la planète, les agronomes ont été éduqués suivant ce modèle, et ils engagent ensuite tous les producteurs à le suivre, au nom de la modernité et du progrès.
NFPsnRx2wvSWj6qLaxPV0sIk2Uf804avzjs6cON6PCo,bqjzhLPcHtlg4nVqh5gLhUQJSh_tJUyc6g4P3I780eY,M872R-PFpcJuW4p6lSBcjTjNoD7eq62NmydJRTyFV9w,1mv4Ctyd2lXFA2_VZ-T3Ws3fcIePqBg6rwJZlNUuR8I,ZFONto-norFI8p96Mais les champs ouverts (on désigne par ce terme – openfield en anglais – des champs qui se caractérisent par leur absence de haies, de clôtures et d’arbres, présentant un paysage en parcelles uniformes) montrent rapidement leurs limites, surtout en milieu tropical. Les pluies délavent les sols et emportent la matière organique nécessaire aux cultures. Ils sont alors asséchés par les vents, qui couchent les cultures, brûlées par le soleil. À cela s’additionnent les machines et le bétail qui le compactent. Dans ce milieu, au bout de quelques années — à peine deux ou trois — le champ devient quasi infertile. Là où se trouvait un écosystème riche et diversifié, ne reste plus qu’une zone dégradée, tout juste adéquate pour de l’élevage extensif (petite densité d’animaux à l’hectare) à très faible valeur ajoutée. Pour poursuivre son activité, l’agriculteur « moderne » va devoir aller raser une nouvelle forêt, pour recommencer à l’identique.

Ces recommandations agronomiques, je les ai observées dans tous les pays où nous travaillons. Un comble de l’absurdité lorsqu’on sait que café ou cacao ont naturellement besoin d’ombre pour leur développement !
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Je contribue à un projet de reforestation

ExtraitsEt si on remontait dans l’arbre ?, Tristan Lecomte, octobre 2015, édité par La Mer Salée

Crédits photographiques : PUR Projet / Christian Lamontagne

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