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Frère d’armes dans la lutte contre la déforestation

Leader charismatique et visionnaire du peuple Paiter Suruí, Almir Narayamoga Suruí est devenu une figure politique majeure de la lutte contre la déforestation et le changement climatique en Amazonie. « Il y a maintenant 1 500 d’entre nous, et nous avons réussi à survivre. Mais notre priorité est de protéger la forêt et de sensibiliser à la nécessité de préserver ce poumon vert de la planète pour les générations futures », nous dit Almir.

Le chef indien Almir Narayamoga Suruí se bat inlassablement contre la déforestation qui ravage sa «Terre Mère», l’Amazonie

En 1992, à seulement 17 ans, Almir Suruí se voit confier à la suite de son père la lourde tâche de protéger son village et devient chef de son clan. Comprenant que sa tribu doit vivre avec son temps sous peine d’être condamnée à disparaître, il devient également le premier de son peuple à faire des études à l’université. En 1969, avant le premier contact avec les hommes blancs, les Suruis étaient 5 000. En quelques années les épidémies et la domination brésilienne ramènent leur population à moins de 300 individus. “En voyant les miens souffrir à ce point, j’ai cherché un moyen pour leur rendre leurs droits d’êtres humains”, explique Almir.

Diplômé de biologie, il s’engage alors dans la défense de ses terres ancestrales contre colons, déforesteurs et réseaux illégaux à la recherche de bois, d’or et de diamants. Sa tête est mise à prix une 1ère fois par des exploitants forestiers au Brésil. Soutenu par plusieurs ONG puis par la communauté internationale, il se réfugie en Californie où il insiste pour rencontrer les dirigeants de Google et leur présenter son projet : utiliser Google Earth pour montrer la détérioration galopante de la forêt amazonienne, ses conséquences pour l’environnement de la planète tout entière et celles, plus immédiates, pour les 400.000 Indiens du Brésil qui y vivent encore. Ayant obtenu un entretien de 30 minutes, il finit par leur parler pendant plus de trois heures et obtenir leur soutien. Il leur raconte la vie d’un peuple perdu en Amazonie, leur explique comment, en 2050, sa forêt sera détruite à 30 %, et comment, à la fin du siècle, elle aura complètement disparu.

Forts de l’audace et de la vision de leur chef, les Suruí ont lancé en 2010 un projet de reboisement ambitieux appelé Pamine – « la renaissance de la forêt » dans la langue Paiter Suruí. Ils bénéficient du soutien d’une ONG suisse, Aquaverde, pour mener à bien ce travail.

En 2016, grâce à ses partenaires Clarins et la Fondation Caudalie et leur engagement pour la préservation des territoires, PUR Projet a également commencé à fournir un soutien financier et technique au territoire Paiter Suruí, contribuant à planter 45 000 arbres entre 2017 et 2018. Ces plantations permettent à la fois de restaurer les terres dégradées, de développer des systèmes agroforestiers hautement bénéfiques pour la production agricole et la souveraineté alimentaire des populations, et enfin de préserver la forêt amazonienne, plus grand réservoir de biodiversité au monde.

Almir Naramoyaga Suruí dans les locaux de PUR Projet à Paris, en mars 2017

Almir Suruí et Sabrina Gonçalves Krebsbach, responsable de programmes chez PUR Projet, devant un figuier vieux de 250 ans dans la forêt où vit le peuple Paiter Suruí, en avril 2017. A l’occasion de cette visite et en signe de respect mutuel dans la coutume Suruí, Almir a tenu à offrir à PUR Projet un collier de bois traditionnel, que nous avons accepté avec reconnaissance

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