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Soutenir les communautés locales : le témoignage de M. Fang, fermier a Cao Chang, Chine

Cao Chang, dans le comté de Qinglong, est un village situé au pied de la Grande Muraille de Chine. Pourtant à l’écart du développement touristique, cette zone montagneuse particulièrement isolée n’a pas été épargnée par la déforestation liée à l’industrialisation soutenue du pays. PUR Projet revient sur un de ses projets en Chine avec le témoignage de monsieur Fang, fermier du village de Cao Chang.

Depuis les années 1970-1980, la politique économique du « Grand bond en avant » et des réformes de Deng Xiaoping ont visé à intensifier l’agriculture, développer drastiquement les infrastructures, et soutenir une industrialisation à marche forcée. La déforestation massive qui en a découlé a laissé des paysages désolés et des sols érodés, peu productifs. Conséquence directe, environ un quart de la population a quitté les villages à la recherche d’un avenir meilleur dans les villes. Les fermiers qui restent sont souvent les plus âgés et n’ont plus la capacité d’entretenir les terres qui leur ont été attribuées par l’Etat.

Une partie de la Grande Muraille de Chine, à proximité directe de la zone du projet

Le projet développé dans ce contexte vise à soutenir l’initiative prise par les villageois dans le but d’améliorer leurs conditions de vie. En partenariat avec PUR Projet et la fondation Zigen, ils ont décidé de planter des arbres fruitiers pour diversifier leurs sources de revenus et développer l’autosuffisance de la communauté. La plantation d’arbres contribue à régénérer la qualité des sols, prévenir leur érosion et recréer un écosystème favorable à de meilleures conditions de production.

M. Bao Jikui, membre et gardien de la coopérative locale de fermiers

M. Fang, fermier du village de Cao Chang et bénéficiaire en 2012 de la 1ère vague de plantation, nous fait part de son histoire :

« J’ai été agriculteur toute ma vie : à l’époque de Mao, sous Deng Xiaoping … jusqu’à aujourd’hui. Il y a quelques années, je suis tombé malade et j’ai perdu mon œil droit. Mon œil gauche ne voit plus très bien non plus mais je continue à travailler mon champ, et je le ferai aussi longtemps que possible.

Des arbres fruitiers ont été introduits dans la région depuis les années 1940. Sous Mao, il a été décidé que Cao Chang serait un village agricole modèle pour la culture des arbres fruitiers chinois, c’est ainsi que j’ai planté des arbres en 1969. Aujourd’hui trop vieux, ils ne produisent plus de fruits. Ainsi, sur certaines parcelles du village nous avons changé pour d’autres cultures : maïs, soja, haricots, arachides, patate douce.

Ce n’est qu’en 2012 que j’ai enfin pu replanter des arbres fruitiers sur mon terrain avec PUR Projet. Je suis heureux d’avoir des arbres fruitiers de nouveau car ils me procurent de meilleurs revenus que les autres cultures. Lorsque je ne serai plus en mesure d’entretenir mes cultures, ma famille et moi pourrons vivre de nos arbres fruitiers. Je suis si heureux d’avoir ces arbres fruitiers ! Tous les arbres que j’ai viennent du projet, je n’aurais pas pu les planter avec mon propre argent. « 

Le témoignage de M. Fang renforce notre détermination à soutenir le développement des communautés les plus défavorisées, et démontre une fois de plus le lien étroit qui existe entre la création de valeur partagée, et la conservation et la régénération des écosystèmes en danger.

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