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PUR Farm, 7 ans de riziculture agro-écologique, notre âge de raison ?

Chaque année à la PUR Farm en Thaïlande, nous expérimentons par nous-mêmes les différentes pratiques agro-écologiques dont nous faisons la promotion au sein des organisations agricoles avec lesquelles nous opérons avec PUR Projet, dans 40 pays. L’agroforesterie est la colonne vertébrale de ces projets en général, mais nous aimons aussi y associer des pratiques agro-écologiques.
En Thaïlande nous expérimentons à la PUR Farm différentes techniques :
  • Depuis 7 ans, le SRI (système de riziculture intensive) qui permet de produire 20 % de riz en moyenne en plus, avec moins d’eau et 3 à 7 fois moins de semences utilisées. Par ailleurs, cette technique permet de réduire fortement les émissions de méthane liées à la production de riz, qui représentent en moyenne 80 % de l’empreinte carbone du riz.
  • De même, nous expérimentons depuis 5 ans le rice-ducking, qui consiste à élever des canards au sein des rizières, afin de réduire les nuisibles, oxygéner les sols, fertiliser les champs et diversifier les revenus des fermiers. Cette technique permet d’augmenter les revenus des fermiers de 30 % environ. Les canards grandissent en symbiose avec le riz qui pousse, et, au moment de la récolte, les fermiers vendent la moitie des « canards riziculteurs » et ceux restant sur l’exploitation continuent de produire des œufs.
  • Dernière expérimentation en date, depuis 3 ans, nous cherchons à appliquer la méthode dite de ‘L’agriculture naturelle ou agriculture sauvage » de Masanobu Fukuoka sur une parcelle rizicole dans la PUR Farm. Fukuoka a développe un système ingénieux de « boulettes de graines » a faire germer sous du paillage qui permet au riz de se développer sans apport extérieur ni labour, avec un système alterné de couverture des sols. Un modèle permacole donc, couvert en permanence et en équilibre…

Produire plus avec moins, réduire notre empreinte et dépendances tout en réduisant nos coûts et en augmentant la productivité, c’est l’esprit de ces techniques.
Toutes ces expériences sont aussi passionnantes qu’elles soulèvent de multiples questions et défis opérationnels. Les chiens qui divaguent donnent des crises cardiaques à nos canards rizicoles, les herbacées étouffent notre riz à la Fukuoka, les champs SRI sont malmenés en cas de sécheresse prolongée, etc… Elles nous font aussi prendre conscience qu’il n’y a pas un modèle permacole mais autant de modèles qu’il y a de fermes. Il s’agit d’ajuster ces techniques aux conditions de l’écosystème : sol, pente, plantations, etc.., propres à chaque ferme.
Ainsi, même si nous voyons bien les impacts concrets de ces pratiques, on ressent une humilité grandissante face aux défis techniques de mise en oeuvre. L’enjeu n’est pas uniquement dans le modèle mais aussi et parfois avant tout dans la mise en oeuvre et l’adaptation continue des pratiques.
Notre conclusion au bout de 7 ans pourrait être que plus on apprend, moins l’on sait. 7 ans, notre âge de raison ?

Nous en profitons pour partager avec vous ce petit film aérien, réalise par Paul Thomas, qui permet de survoler la PUR Farm.

Tristan Lecomte

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