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[FR] Résilience et Résistance par temps de crise

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Dans dans un modèle économique durable, que serait le roseau résilient sans l’ombre du chêne ? A l’heure où la résilience est sur toutes les bouches, ne faut-il pas aussi valoriser ce qui résiste et revisiter la fable du Chêne et du Roseau de La Fontaine ?  Faut-il baisser la tête ou braver l’effort de la tempête ? Chez PUR Projet, tenons-nous du roseau qui plie mais ne rompt pas. Ou du chêne qui résiste sans courber le dos ?

Un peu des deux forcément, puisque nous aimons faire cohabiter les espèces. Comme tous les acteurs de terrain frappés par le Covid19, nous nous sommes adaptés, nous avons arbitré. Nous avons par exemple préféré reporter certaines plantations plutôt que d’en dégrader la qualité. Nous nous sommes conformé strictement aux décisions prises par les gouvernements locaux et celles de nos partenaires. Nos techniciens qui arpentent habituellement les parcelles de plantation se sont assis pour du travail de bureau ou des formations à distance. Nous avons distribué des guidelines sur les mesures barrières traduites dans les langues de nos projets. Nous avons mis fin aux visites individuelles d’assistance technique aux producteurs, aux socialisations. Reporté nos formations de groupes. Fait patienter nos jeunes plants jusqu’à la prochaine saison des pluies dans certains projet. Bref, comme tout le monde nous nous sommes adaptés et avons profondément modifié nos opérations de terrain pour mettre à l’abri nos équipes. 

Mais cette crise a aussi permis d’enrichir et de fortifier 3 piliers essentiels de notre modèle, et de révéler nos valeurs profondes, soumises à l’épreuve d’une réalité inédite, mais qui tiennent bon et résistent sans ployer.

“Cela me conforte dans l’importance d’avoir des équipes au plus proche du terrain, des projets. L’impact de tels évènements sur notre capacité à nous déplacer, nous montre à quel point cette ultra-mobilité est fragile, et à quel point la proximité géographique, est une force et un objet de résilience pour une entreprise.”
– Emil Simondon

L’ANCRAGE COMME SOURCE DE RESILIENCE ET D’EFFICACITE

Cette crise nous a conforté dans l’importance d’avoir des équipes locales, des managers locaux au plus proche des communautés et des fermiers avec lesquels nous travaillons. Le modèle de PUR Projet est fondé sur le développement communautaire, nous travaillons pour et avec les communautés. Elles  agissent sur la résilience de leur environnement local via la plantation d’arbres natifs, l’amélioration de pratiques agricoles ou d’élevage. Pour soutenir ces 43000 fermiers acteurs de nos projets, nous travaillons avec des relais locaux sous forme de coopératives ou de groupements de fermiers. Des équipes essentielles en temps de crise puisqu’elles ont pu continuer certaines activités dans la limite de la distanciation sociale.

Emil Simondon, regional manager France renchérit “Cela me conforte dans l’importance d’avoir des équipes au plus proche du terrain, des projets. L’impact de tels évènements sur notre capacité à nous déplacer, nous montre à quel point cette ultra-mobilité est fragile, et à quel point la proximité géographique, est une force et un objet de résilience pour une entreprise.”

En Asie par exemple, nous avons produit des brochures de présentation visuelles des projets pour pallier l’annulation des formations et socialisation de groupe. Ces documents sont disséminés par des leads farmers sur place.

En Afrique ou en Amérique latine, nos activités de pépinières par essence locales ont pu continuer. “La crise passe, mais les petites pousses d’espoir continuent de grandir.” sourit Camille regional Manager en Amérique Latine.  En Colombie, nous avons maintenu cette activité qui repose sur une main d’oeuvre très locale et nous avons engagé les fonds pour lancer la production des plants dont la distribution est prévue en juin en Amérique Centrale, et octobre à décembre pour le Pérou ou la Colombie” .

“Si on est capable de prendre du retard sur certaines opérations, comme les pré-registres, nous ne pouvons arrêter d’arroser une pépinière” , nous dit Marie, regional manager sur les projets Afrique. “Nous avons limité tous les regroupements et la gestion de la pépinière se fait sans danger.”  

L’ENTREPRISE COMME FACTEUR DE CHANGEMENT

Nous en étions convaincus. Le monde de l’entreprise a une capacité extraordinaire d’adaptation. Tout le modèle de PUR Projet tient dans cette espérance que les acteurs du privé sont capables de mutations extraordinaires et qu’il en va même de leur survie. Nul ne peut se couper de son écosystème sans en subir les conséquences. L’épidémie de Coronavirus est venue démontrer avec fracas l’importance de maîtriser sa chaîne de valeur pour pouvoir mesurer les impacts d’une défaillance et réagir rapidement face à la crise. La Chine a toussé et le monde s’est enrhumé. Mais si cette tempête sanitaire n’était qu’un avant-goût de l’ouragan climatique ?

Tout comme le changement climatique le COVID nous apparaît comme un mécanisme de réponse de la nature et une alerte donné à l’humanité.  C’est ce que pense Tristan Lecomte : cette crise est une opportunité envoyée par Mère Nature pour nous former à un scénario de crise post-climatique. Sommes-nous prêts à considérer cet avertissement comme une bénédiction et une opportunité pour amorcer réellement le passage à une société durable et respectueuse du climat ? La vie sous COVID à toutes les caractéristiques décrites par le scénario du GIEC sur une crise post-climatique. Relèverons-nous le défi ?

En quelques semaines ces entreprises ont fait preuve d’agilité et d’une responsabilité sociétale inédite. Elles ont bouleversé avec une grande rapidité leur chaines de productions.  En quelques semaines, nos clients cosmétiques comme l’Occitane ou Clarins ont produit des milliers de litres de gel hydroalcoolique pour approvisionner les hôpitaux. Le Groupe Accor a décidé de mettre à disposition ses hôtels pour le personnel soignant, et pour les sans-abris. Parallèlement, l’entreprise a lancé une plate-forme dédiée et créé un fonds de soutien à l’attention de ses salariés les plus en difficulté. Chanel a mobilisé les couturiers de ses ateliers Haute Couture, Prêt-à-Porter et Maisons d’art pour produire des masques et des blouses et a fait don d’1,2 M euros à l’APHP.

Agilité d’un côté mais résistance de l’autre. Car les crises sont aussi l’opportunité aussi de donner le corps, l’étoffe et l’aplomb du chêne à des valeurs de marque. Mieux enraciner une plateforme de marque dans des engagements concrets et des projets à impact. Nourrir un ADN d’entreprise sur le terrain, main dans la main avec les communautés. Voire même accepter la chute et le  déracinement pour renaître sous d’autres formes, sur une toute autre matrice.   

Je pense que cette crise est une opportunité extraordinaire envoyée par Mère Nature pour nous former à un scénario de crise post-climatique. Sommes-nous prêts à considérer cet avertissement comme une bénédiction et une opportunité pour amorcer réellement le passage à une société durable et respectueuse du climat ? La vie sous covid a toutes les caractéristiques décrites par le scénario du GIEC sur une crise post-climatique. Relèverons-nous le défi ? 
– Tristan Lecomte

L’AGRICULTURE, CE METIER ESSENTIEL

Avec cette crise, le monde a découvert que nos besoins vitaux : se soigner et se nourrir étaient assurés par des héros du quotidien que la société n’avait jamais vraiment considéré à leur juste valeur. Soignants, pompiers, éboueurs mais aussi agriculteurs. Notre rôle chez PUR Projet est plus que jamais d’être aux côtés des fermiers pour favoriser leur autonomie, leur autosuffisance, leur souveraineté alimentaire.  Se rappeler que comme tout comme pour cette crise sanitaire, ce sont eux qui sont en première ligne, subissant de plein fouet les phénomènes climatiques extrêmes et se pliant à des cours de matières premières toujours plus fluctuants, ballotés par les spéculations financières.

Cette crise nous conforte dans l’importance d’une économie résiliente, consciente de l’interdépendance de ses acteurs et d’une relation avec la nature à réinventer.  Cette crise est l’opportunité de revendiquer à l’échelle de la société une revalorisation des services écosystémiques rendus par les agriculteurs du monde entier. Des services vitaux pour notre planète et donc pour notre survie.

 

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